jeudi 11 septembre 2008

The New Government


Hier un groupe Franco-Libanais de rock indépendant alternatif était l'invité d'une émission culturelle sur Radio France International.

Il s'agit de "The New Government".

Un groupe faisant parti d'un collectif fer de lance de la scène alternative et underground au Liban voire au Proche-Orient: Lebanese Underground.

L'émission était très intéressante, mêlant musique et interviews avec 3 des 5 membres du groupe - Zeid Hamdan (fondateur des Soapkills) Jérémie et Timothée Régnier - qui répondaient avec beaucoup d'humilité, franchise et humour.

Ils racontaient notamment à la journaliste de RFI comment Jérémie et Timothée avaient été expulsés du Liban pour des questions de visas. Il semble qu'un artiste ou musicien indépendant au Liban ne vaille pas une star refaite de la pop libanaise aux yeux de certains.

Aujourd'hui, il fait enfin beau sur Paris. Je sors me balader avec mon livre et mes écouteurs. J'ai envie de me poser tranquillement sur le Quai d'Orléans, sur l'Ile Saint-Louis.

Il fait chaud. Des cars déversent leur flot de touristes Allemands rouge écrevisse, chaussettes et tongues devant la cathédrale Notre-Dame. Des Américaines crient des "Oh my Goooood, it's awsome" nasillards à tout va. Paris sera toujours victime de son succès.

Je longe Notre-Dame, le nez en l'air admirant les gargouilles puis m'engage sur le Pont Saint-Louis.

J'aperçois un groupe de 3 gars planchant sur une feuille de papier. Je reconnais Zeid et Jérémie pour les avoir vu en concert en 2005 à Deir el Qamar, dans le Chouf au Liban.

Bref, j'ai l'impression de rêver.

"Excusez-moi, vous êtes les New Government?"

Ils se retournent étonnés de ma question et peut être de cette notoriété inattendue.

Nous eûmes par la suite une conversation drôle et sympathique. Peut être trop courte alors que leur musique représente pour moi une tranche de vie.

Puis j'ai continué mon chemin vers les bords de la Seine, content de cette rencontre impromptue.

Zeid insistait hier à la radio sur le fait que les artistes talentueux qui se faisaient repérer devaient rester au Liban malgré l'attirance pour les majors et autres maisons de disques. Les initiatives telles que "Lebanese Underground" cherchent à préserver cette scène culturelle et musicale et à inciter les artistes indépendants et alternatifs à exercer leur talent au Liban.
Elles méritent respect et soutien.
Zeid, Jérémie et Timothée disaient eux-mêmes ne pas avoir de message politique; néanmoins ils sont conscients de cette nécessité d'une musique qui soit une alternative à la pop débilisante.

Le paysage musical en serait enrichi... et puis la musique adoucit les moeurs... et surtout ça nous changera de Nancy ou Haifa.