lundi 29 décembre 2008

Il est cinq heures

Dimanche 28 Décembre
J'ai passé ma dernière soirée en famille comme à chaque veille de départ.
En rentrant, ma valise n'était toujours pas faite. "Pfff... fait chier."
Je la termine assez rapidement puis me glisse dans mon lit espérant trouver un peu de repos. Je me lèverai dans un peu plus d'une heure.
Je n'arrive pas à dormir.
Une voiture passe en bas de mon immeuble et klaxonne. A qui peut-il bien klaxonner à une heure pareille? Cela doit être un taxi.
Je ne dors toujours pas.
J'entends un avion passer au dessus de Beyrouth. MEA? Air France? Mig 29?
Putain... je ne dors toujours pas et je commence à m'ennuyer.
Des éclats de voix au bout de la rue. Des pas chez les voisins du dessus.
Mon réveil sonne enfin. Je ne sais même pas si j'ai réussi à dormir. Ma mère s'assure que je me suis bien réveillé. Mon avion est à 8 heures du mat. A cette heure-ci au moins, je suis encore mal réveillé donc moins en proie à l'émotion du départ. J'ai néanmoins la gorge un peu nouée.
J'embrasse mes parents et les serre fort. Le taxi est arrivé; ma mère descend avec moi sous le regard de mon père qui nous regarde du balcon.
Le taxi démarre aux premières lueurs du jour.
En certains quartiers, l'électricité est coupée et les rues sont plongées dans l'obscurité. Les arbres me paraissent bien taillés. Il y en a donc encore.
Il n'y a ni voiture qui klaxonne ou flic qui siffle intempestivement aux carrefours. L'air est frais et respirable. Pas le moindre bruit hormis le doux gazouillis des oiseaux qui se réveillent avec les premiers rayons du soleil.
Beyrouth dévoile enfin ses mille senteurs.
Saint-Louis, la Hekmeh, Sofil-Sursock, Saint-Nicolas, Charles Malek, Tabaris, le Ring, le Balad, Mar Elias, Msaytbeh, Dahyié... Je suis arrivé en moins de dix minutes.
Dix minutes de calme et de quiétude.
Il est cinq heures du mat et je pars pour Paris. Mais Beyrouth me surprend encore.